Au seuil du 3ème Millénaire,
J'ai rêvé une nouvelle Afrique ; une Afrique parée de l'amour oblatif de dirigeants nouveaux, serviteurs éclairés, volontaires, décidés et décisifs, pleins à exploser du sens du devoir et du sacrifice utile.
J'ai rêvé une nouvelle Afrique ; une Afrique qui a remis son histoire à l'endroit , plongeant ses racines dans la pensée féconde et humaniste de l'antique Egypte, et se mirant dans le courant dynamique, vivifiant de ses grands empires.
J'ai rêvé une nouvelle Afrique ; une Afrique réconciliée avec elle-même, guérie de l'aliénation mentale et de la naïveté de l'innocence du nouveau-né.
J'ai rêvé une nouvelle Afrique ; une Afrique où les intellectuels et les hommes et femmes d'action ont neutralisé, à jamais, les traîtres à leur peuple - à leur race -, Négres-Blancs promus au rang de défenseurs zélés d'intérêts inconciliables.
J'ai rêvé une nouvelle Afrique ; une Afrique où les intellectuels et les femmes et les hommes d'action ont brisé, pour toujours, les ailes d'une démocratie maquillée au service de Présidents à vie incompétents et inconscients.
J'ai rêvé une nouvelle Afrique ; une Afrique où les intellectuels ont dépassé le stade enfantin et humiliant de la consommation passive et admirative de toute pensée venue d'ailleurs et conçue pour les berner.
J'ai rêvé une nouvelle Afrique ; une Afrique, où les intellectuels osent disséquer, démanteler, dénoncer les théories économico-financières fumeuses, menteuses et truqueuses élaborées pour faire croire aux riches de leurs richesses naturelles que les richesses artificielles, productibles à volonté par l'intelligence et la volonté humaines, sont plus utiles.
J'ai rêvé une nouvelle Afrique, une Afrique où les intellectuels affirment haut et fort, démontrent haut et fort, que les critères sont bidons et mystificateurs de la farfelue évaluation de la richesse ou de la pauvreté d'un pays par le biais du Produit National Brut par habitant.
J'ai rêvé une nouvelle Afrique ; une Afrique qui a quitté, à jamais, les carrefours crasseux de la mendicité internationale où hier encore ses responsables irresponsables recevaient, agenouillés, les oboles internationales drainant derrière elles le mépris, les arrière-pensées dominatrices des donateurs.
J'ai rêvé une nouvelle Afrique ; une Afrique qui a cessé, par le biais des privatisations imposées, le transfert de ses richesses et la réduction de sa population en une masse d'ouvriers non qualifiés, manipulables et éjectables au profit d'un capitalisme toujours plus ultra, toujours plus insolent, toujours plus prédateur.
J'ai rêvé une nouvelle Afrique ; une Afrique insensible au charme corrupteur et aliénant des pétrodollars, croisés d'un islamisme expansionniste.